Le crowdfunding peut-il sauver les commerces de centre-ville ?

par | 6 Juin 2019

Durée: 10 min.

Le taux de vacance commerciale dans les centres-villes de France a atteint les 11,9 % en 2018, contre 7,2 % en 2012, selon Procos. Si le taux de vacances est plus fort dans les petites villes, même les grandes villes ne sont plus à l’abri du phénomène. Que faire pour lutter contre ce phénomène ? Comment sauver les commerces de centre-ville de cette morosité généralisée ?

Le crowdfunding peut-il sauver les commerces de centre-ville Le crowdfunding peut-il sauver les commerces de centre ville ?

Le triple enjeu de la vacance commerciale pour les commerces de proximité

La vacance commerciale est un enjeu fort, et je dirais même un triple enjeu pour nos centres villes dont les commerces sont le poumon.

  1. D’une part, le commerce répond à un besoin pratique des habitants en recherche de produits et services de proximité pour limiter les déplacements et le temps perdu. Ça peut même donner envie de déménager ou simplement de choisir un autre endroit !
  2. C’est également un enjeu fort pour l’emploi. Inutile de rappeler que niveau emploi, on a encore un peu de chemin à faire.
  3. Mais aussi et surtout car un commerce indépendant foisonnant apporte à une ville son âme, son caractère, son identité, au même titre que ses richesses culturelles. C’est presque le plus inquiétant. La France ne risque-t-elle pas de perdre son attractivité touristique ? Son mode de vie ? Son identité ? Des villes et villages vidés de toute activité commerciale sont une perspective bien morne dans laquelle on n’a pas très envie de se projeter.

« Des commerces dynamiques sont indispensables à l’attractivité des centres-villes. » François Baroin, président de l’Association des Maires de France.

Et pourtant…depuis 1930, nous sommes passés de 2 millions de magasins en France à 800 000 aujourd’hui. Ça baisse, ça baisse… Ce qui peut finir de nous inquiéter c’est que nous entrons dans une spirale vicieuse qu’il va être de plus en plus difficile à stopper (peut être même encore plus que d’inverser la courbe du chômage, c’est vous dire !). Plus la vacance du commerce devient importante, moins le centre-ville devient attractif, plus les habitants déménagent, moins de nouveaux commerces voudront tenter l’aventure, etc, etc. Il y a donc urgence à agir !

Que faire pour rétablir l’attractivité de nos centres-villes ?

Pour commencer, une prise de conscience est indispensable, notamment de la part des politiques. Le grand drame du commerce, c’est son indépendance. On dit souvent qu’un commerçant est seul. Seul dans sa gestion. Seul face aux difficultés. Seul face à des mutations qui le dépassent parfois. Seul face à son banquier, etc.

Mais aussi, seul face aux politiques. Le commerçant indépendant paye son éparpillement.

Amazon va fermer un centre et supprimer des centaines d’emplois. Tollé, scandale, couverture media ! En France, nous sommes volontaristes, c’est bien connu, et on ne laissera pas faire !

Mais 10 librairies ferment pourtant dans le même temps dans le plus grand anonymat. Moins flamboyant, moins propice aux coups d’éclats dans les médias que les faits et gestes des géants mondiaux, le combat pour sauver les commerces de centre-ville s’avère tout aussi important !

Il est temps que l’enjeu de la défense du commerce de proximité soit pris à bras le corps. C’est un véritable enjeu de société.

Si l’on voulait être pragmatique me direz vous, peut être faudrait-il prendre les devants et ne pas tout attendre des pouvoirs publics. On est bien d’accord !

Le crowdfunding peut-il sauver les commerces de centre-villeLes citoyens ont toutes les cartes en main pour redonner de l’attractivité à nos centres-villes !

Trois idées simples pour sauver les commerces de centre-ville

Quelques initiatives toutes simples pourraient nous redonner espoir, et je suis convaincu que c’est du citoyen que viendront les solutions ! Voici les trois idées retenues pour sauver les commerces de centre-ville.

Idée # 1 : Solliciter l’avis des habitants sur le choix des commerces

Une pancarte sur la vitrine « Quel commerce aimeriez-vous voir ici ? ». Intriguant. Une boîte à idée. Un petit événement sur place. Une plateforme web sur laquelle voter pour les meilleurs propositions.

Une vraie prise de conscience des habitants et un argument fort pour le futur commerçant. L’étude de marché est faite : on a besoin de vous !

Idée #2 : Faire participer les habitants au financement des commerces

Cette fois-ci deux cas concrets.

Barcelone-du-Gers, 1 100 habitants. L’arrivée du centre commercial voisin entraîne la fermeture de la boucherie installée là depuis des dizaines d’années.

Finalement, c’est le rêve de 3 associés, portés par 230 habitants qui ont permis de collecter 13 663€ sur Tudigo pour que ce projet aboutisse. Plus qu’un coup d’éclat éphémère, cette mobilisation s’inscrit dans la durée. Quand on partage, quand on s’ouvre, on crée un lien qu’on voit encore trop rarement. Et ça change tout !

Le financement participatif apparaît vraiment comme une belle solution pour sauver le commerce des centres-villes en faisant participer les habitants du coin. Villages Vivants, première foncière coopérative des centres-villes, rachète des boutiques vides, les rénove et les loue pour développer des projets utiles au territoire et faire ainsi revivre les cœurs de villes et villages : grâce à une campagne d’investissement participatif par obligations sur la plateforme Tudigo, Villages Vivants a levé 244 700€  auprès de 252 investisseurs! Les investisseurs ont permis de financer l’ouverture de 4 nouvelles boutiques dans l’Ain, l’Ardèche et la Drôme !

 

Idée #3 : Ne perdons pas l’habitude de prendre le temps de faire nos courses en ville.

Les centres commerciaux apportent un choix plus large et des facilités de parking, certes. Mais consommer local est un acte citoyen et je suis persuadé que la prise de conscience commence à s’étendre. Et c’est finalement LA réponse à notre problème !

Pour sauver les commerces de centre-ville, ma conviction est là. Si on implique le citoyen dans le projet de la cité, si on repart du terrain, les bonnes volontés ne manquent pas. Les envies d’entreprendre et de partager ne manquent pas non plus. On a trop tendance à écouter Edmond Dantès qui nous conseille « d’attendre et espérer ». Il est temps de foncer … et espérer !

 

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